La version impliquée ne correspond pas à tout le monde, et (même si c'est parfois tentant) il n'y a pas lieu de porter un jugement absolu selon que tel ou telle l'adoptera ou non. Elle prend plus de temps, représente un investissement personnel, est parfois ingrate. Elle est souvent valorisée socialement (mais parfois non), et est d'autant plus gratifiante qu'on apprécie les contacts humains.

Imaginons maintenant la situation absurde d'une famille où les parents sont tous deux impliqués dans les associations de parents d'élèves, l'un en primaire et l'autre au collège; où un des enfants va justement passer en 6è à la rentrée prochaine; et qui s'aperçoit que, bien qu'ayant pris part à des discussions sur des points d'organisation pour l'année prochaine au collège, ne s'est pas aperçue que le pitchoune était concerné, et a laissé passer la date pour l'inscription administrative dudit pitchoune au collège.

Panique à bord évidemment, et grosse culpabilité sur le mode à force de nous occuper des autres, ne sommes-nous plus capables de nous occuper des nôtres ?

Dans notre cas, les choses se sont rapidement et heureusement terminées. Déjà parce que la date limite réelle n'était pas encore atteinte (enfin si : la date était atteinte mais pas encore l'heure limite). Et aussi parce que, étant connus et reconnus par les acteurs du système (les équipes du collège et de la primaire), nous avons bénéficié d'un accueil bienveillant dans nos démarches tardives.

Pour moi il ne s'agit pas là de complaisance. Il s'agit de la part humaine du monde. Celle que Yildune Lévy décrit avec l'optimisme des illuminés (que leur lumière nous éclaire) dans son article du Monde.

Dans notre mésaventure heureusement conclue, on pourrait dire que nous avons été payés de retour; tout juste à la mesure de notre investissement, puisque ce qu'il nous a coûté a été compensé à niveau. Ou encore, mais c'est peut-être un peu cynique, on pourrait dire qu'on est arrivés au même résultat en s'investissant dans la vie associative, qu'en ne le faisant pas mais en consacrant la juste attention à nos enfants...