J'ai retrouvé dans ma chambre un lavabo à deux robinets : un pour l'eau froide et un pour l'eau chaude. Un grand classique britannique : d'un précédent séjour outre-Manche, j'avais remarqué que les mélangeurs (a fortioti les mitigeurs) étaient bien plus rares que les lavabos à deux robinets. On s'y fait. Mais c'est quand même plus pratique de pouvoir régler la température de son eau... A un moment, j'ai cru même qu'il y avait un truc à piger. Mais non.

En me promenant dans la ville, j'ai découvert un concept qui n'a rien d'idiot, mais que je n'avais jamais rencontré ailleurs : des magasins de vêtements ou d'objets d'occasion, tenus par des associations caritatives. Le principe est toujours le même, décliné suivant des causes allant de la lutte contre le cancer à l'aide au logement en passant par les animaux en difficulté (pets in need for vets): une boutique où on peut venir donner des choses à vendre, ou les acheter au profit de l'association.

Ca n'a l'air de rien comme ça, mais le fait qu'en Ecosse on roule à gauche est super perturbant quand on se promène en ville, à pied. C'est même un poil dangereux, tant on est câblé pour regarder à gauche quand on traverse. Car, comme on l'explique aux enfants, il ne suffit pas de regarder si des voitures arrivent dans la rue qu'on traverse; il faut aussi regarder si des voitures ne viendraient pas d'autres rues pour tourner dans celle qu'on traverse. C'est souvent là qu'on se fait avoir. Quoiqu'avec suffisamment de bières dans le nez, on peut se faire avoir en traversant une rue toute simple...

Le système de feux propose lui aussi une originalité. En l'absence de piétons, comme on peut s'y attendre, les feux à un carrefour sont verts alternativement pour une route puis pour l'autre. Quand un piéton veut traverser, il doit appuyer sur un bouton. Cela ajoute une phase dans le cycle des feux : après que les feux ont été verts pour chaque route, ils sont rouges pour toutes, et tous les feux pour piétons sont verts. Un avantage de ce choix est qu'on n'a pas à se soucier des voitures qui tourneraient, puisque toutes les voitures sont arrêtées. Un inconvénient est qu'on n'a pas le temps de traverser les deux routes d'un carrefour. D'autant que, autre originalité, le feu piéton ne reste vert que quelques dizaines de secondes. Une solution est de traverser en diagonale; il n'est pas clair si c'est admis ou pas : j'ai vu quelques personnes le faire, mais pas des masses.

Il y a aussi des feux qui protègent juste un passage piéton, en plein milieu d'une longue voie. En l'absence de piétons, ils sont bien entendu toujours verts. Quand ils passent au rouge (parce qu'un piéton a appuyé sur le bouton), ils ne le restent qu'environ cinq secondes. Au bout de ces cinq secondes, le piéton devient clignotant et le feu des voitures passe à l'orange clignotant : les voitures ont alors le droit de passer si aucun piéton ne traverse. Cette convention permet de rendre la phase piétons moins pénible pour les voitures, donc moins tentante à ne pas respecter. En échange, le système donne assez rapidement leur tour aux piétons.

A Edimbourg il ne semble pas rare de voir une église reconvertie en autre chose qu'une église. J'ai ainsi vu, installés dans une ancienne église : un magasin de luminaires, un restaurant indien (avec un pub et une boîte de nuit dans chaque transept — les ailes), un café touristico-branchouille...

Le vieil Edimbourg est fait de bâtiments en vieille pierre. J'ai l'impression que cette pierre demande des soins soutenus. Autant dans le quartier très touristique les façades sont très jolies, mais visiblement très entretenues; autant dans les quartiers plus résidentiels, ça semble dépendre beaucoup de la fortune des habitants. D'un côté les jardinets fleuris, les cadres de fenêtres repeints, les vitres propres. De l'autre les panneaux "à louer", les vitres sales, les jardinets en friche, les façades qui virent rapidement au décrépi. Je n'exclus pas cependant d'être influencé par les films britanniques (à la Trainspotting) qui me feraient plaquer sur ces façades la misère thatchérienne.

J'ai aussi noté une grande présence de la vidéo-surveillance. Et une grande tendance à placarder des avertissements, dont on ne sait plus trop si leur fonction est effectivement de protéger le lecteur contre un danger (mais à force, tout ce qu'on obtient est un stress de fond (voir la thèse de Bowling for Columbine) et un nivellement des dangers), ou l'auteur contre des poursuites. La perle en la matière étant un avertissement Attention : contient du lait sur des plaquettes de beurre.

Au final Edimbourg est une ville où les gens ont l'air globalement cool. Un sentiment qui est peut-être dû à ce qu'il s'agit d'une ville étudiante. Je ne sais pas si ce côté cool s'exprime à l'intérieur d'une grosse pression (les caméras, les avertissements, les règlements genre c'est un délit pour un mineur d'essayer d'acheter de l'alcool), ou pas...