En effet, pas trace d'une intégrale de Niagara. Ni dans les bacs, ni dans les fichiers du vendeur. Ni à 7,99 €, ni à quelque prix que ce soit. En revanche, un best-of à 9,99 € : Flammes. Je l'ai acheté.

Me suis-je ainsi irrémédiablement placé dans la catégorie de ceux qui sont restés bloqués sur les années 80 (ou plus généralement sur leur adolescence) ? Non. Mais ce n'est pas parce que je n'y suis pas bloqué que je crache dessus. Et en effet, en écoutant le disque, c'est bien une bouffée de souvenirs qui m'est revenue. Pas forcément des souvenirs précis, plus une ambiance heureuse, un sourire dans la tête. Et ça fait du bien, en cette fin d'année où les emplois du temps sont si chargés, où l'évolution de la société ne donne pas vraiment le moral... (Ça n'a rien à voir, mais récemment la bande-annonce de Get Smart m'a fait le même effet de parenthèse, de bulle d'évasion.)

Et réécouter les chansons de Niagara m'a aussi donné l'occasion de les entendre ! Car au-delà des sucreries de l'Amour à la plage, les paroles sont tout de même assez grises... Quelques lignes extraites des chansons de Flammes :

Y'a des jours où tout va bien
D'autres où c'est un peu compliqué
Mais je vais bientôt disjoncter
Sur la boîte il y a écrit "Respectez la dose indiquée"
J'ai envie de tout avaler...

...Je m'enferme dans ce tourment jusqu'au néant...

A l'heure où les âmes regagnent leurs tombeaux
Je n'ai plus que des souvenirs en lambeaux...

...Je crois bien que je n'y peux rien
Mais je ne comprends pas pourquoi
Tout me tombe dessus à la fois.

J'avais lu une interview d'eux, il y a bien longtemps, dans laquelle ils affirmaient qu'ils écrivaient les paroles de leurs chansons en cinq minutes. C'est peut-être une coquetterie, ou une façon de botter en touche. C'est peut-être vrai, ce qui n'empêche pas de se pencher sur ce qui sort de ces cinq minutes...

Malgré cette noirceur, ce disque m'a fait du bien. Sans doute grâce au punch (parfois limite saoûlant, quand même) de la musique. Sans doute aussi parce qu'il allait jusqu'au bout, jusqu'à crier Assez !